• Le Rhum et les Distilleries

     Le rhum fait partie intégrante de la culture de la Martinique, et de son patrimoine donc... Impossible de passer à côté en venant ici !! Je parlerai donc ici de la fabrication du rhum, et des distilleries visitées. Voici une carte qui précise les principales distilleries présentes sur l'île :

    Il faut savoir que le rhum agricole martiniquais fait l'objet d'une A.O.C. (la seule dans les départements d'outre-mer) depuis 1996, ce qui est gage de qualité, car la production répond à un cahier des charges très strict. Je parle bien ici du rhum "agricole", c'est-à-dire du rhum produit directement à partir de la canne à sucre pressée (à l'inverse du rhum "industriel" (ou "traditionnel") qui est produit à partir de la mélasse, un résidu de l'industrie sucrière).

  • 6/05/2019

    Ces dernières semaines, nous avons accueilli amis et famille à la maison, l'occasion de faire découvrir un peu l'île, en passant par les endroits que l'on connaît et que l'on apprécie, mais cela a aussi été l'occasion de découvrir de nouveaux lieux!!

    Aujourd'hui, je vais vous présenter -une fois n'est pas coutume- une distillerie (oui oui, c'est la 8ème que je vous présente sur le blog, sur la dizaine présente en Martinique!). Cette distillerie, c'est la distillerie Neisson, qui se trouve le long de la route à l'entrée de la ville du Carbet : on passe donc systématiquement devant, avec son grand portail noir, quand on va à la plage du Carbet, au Zoo, à St-Pierre...

     

    Le rhum Neisson est l'un des plus qualitatifs sur l'île, notamment car il est produit avec la canne à sucre exclusive de la propriété. La famille Neisson (puisque cela reste une distillerie familiale) a même été la première à proposer un rhum "bio" en 2016.

    La distillerie peut donc se visiter, de façon libre, à travers un parcours numéroté nous menant aux différentes étapes de fabrication, expliquées sur des panneaux informatifs. Un petit livret nous est remis, et on peut même grâce à des QR codes avoir toutes les explications directement sur le téléphone! (on n'arrête pas la technologie!)...

    On va donc pouvoir voir la zone de déchargement de la canne, l'entrepôt de fermentation, puis de distillation.

    La visite se poursuit du côté des chais, avec un bâtiment dédié aux rhums blancs, qui sont stockés dans de grandes cuves en inox. Le carrelage à l'intérieur du chai nous rappelle le surnom donné à la bouteille caractéristique des rhums Neisson : "Zepol Karé", du fait de sa forme carrée très reconnaissable.

    Puis un petit tour du côté des rhums vieux, avec les chais de vieillissement.

    On pourra aussi voir la chaîne d'embouteillage ici, très moderne (j'avais pu voir le même type de machine chez HSE).

    Le petit plus de ce côté-là, surtout pour les enfants, c'est la présence d'un grand aquarium : moment d'émerveillement assuré!

    On ne manquera pas le panneau expliquant l'histoire de la distillerie : elle a été fondée en 1932 par Adrien Neisson, bientôt rejoint par son frère Jean qui était ingénieur chimiste. Aujourd'hui, c'est Claudine (la fille de Jean) qui a repris le flambeau, secondée par son fils Grégory, une entreprise familiale donc!

    Allez il est temps de se diriger vers la petite boutique à l'entrée : on y trouve tous les rhums produits par la maison, mais aussi d'autres produits du terroir local : miel, tisanes...

     

    Bon c'est ici aussi que l'on peut déguster les rhums maison, pour les amateurs !

    La visite de cette petite distillerie colorée nous a bien plu, le parcours et les panneaux sont plutôt bien faits. Le rhum y est un peu plus onéreux qu'ailleurs, mais il est réputé pour être l'un des meilleurs de l'île!!

     

     


    votre commentaire
  •  

    Lors de nos différentes visites du côté Atlantique de l'île, et plus particulièrement au tombolo de Ste-Marie, on en profite pour faire un petit tour à la distillerie St-James toute proche. C'est une distillerie fumante, c'est-à-dire où l'on produit toujours du rhum en période de récolte de la canne à sucre (février > juin). Elle se visite d'ailleurs pendant cette période-là (mais nous n'avons jamais fait la visite, qui ne se déroule qu'en semaine). On peut quand même se balader à proximité de la distillerie, dans le jardin où sont exposées des anciennes pièces industrielles.

     

    Ce qui est plus intéressant, c'est que l'on trouve ici le musée du Rhum, situé dans une ancienne maison coloniale : il regroupe, sur deux étages, tout un tas de gravures, de machines de production, de tableaux, retraçant ainsi l'histoire du rhum en Martinique.

    Au deuxième étage, on peut visionner un film expliquant les étapes de la fabrication du rhum, ainsi qu'une collection d'objets publicitaires en rapport avec St-James.

    On redescend au rez-de-chaussée pour ne pas manquer la dégustation des nombreux rhums proposés par St-James, sur un très long et beau bar en bois.

     

    Mais la visite n'est pas finie ! En se rendant à l'arrière du musée, on trouve dans une autre bâtisse un espace muséal spécifique : la Maison de la Distillation, qui regroupe les appareils utilisés pour la distillation (chaudrons, colonnes à distiller...), retraçant ainsi l'histoire de la distillation en Martinique à travers l'évolution des procédés.

     

    A l'extrémité de la maison, on peut même voir une cave  exceptionnelle, celle des millésimes St-James, avec des bouteilles datant jusqu'à 1885.

    Entre ces deux bâtisses-musée, on retrouve le petit train des Plantations, dont je vous avais déjà parlé l'année dernière.

    Comme vous pouvez le constater, la distillerie St James permet donc de visiter plusieurs univers autour du rhum... C'est une visite à ne pas manquer sur l'île!!

     


    votre commentaire
  • Il existe 10 grandes distilleries en Martinique, et je vous en ai déjà présenté pas mal dans cette rubrique! Aujourd'hui place à la "Distillerie La Favorite", qui se situe sur la commune de Fort-de-France (à la limite du Lamentin).

     

    Je suis venue deux fois sur le site, ce pour récupérer une commande de panier de légumes. La distillerie, indépendante, appartient à la famille Dormoy depuis 1905. On peut la visiter, mais en se débrouillant tout seul, sans grande explication... On peut en effet rentrer dans l'usine, et voir de près les différentes machines (elles ont été récemment repeintes en bleu, couleur emblème de la marque)!

    Dommage que la visite ne soit pas mieux guidée avec des panneaux explicatifs (comme sur d'autres sites), car on est ici dans une distillerie fumante, c'est-à-dire qui produit toujours du rhum, grâce à une machine à vapeur ancestrale datant de 1906!

     

    Finalement le plus intéressant est encore la boutique : on y retrouve les différents rhums de la marque bien sûr, mais aussi quelques autres produits comme des chocolats locaux, des petits objets de confection artisanale... Et bien sûr c'est ici que l'on peut déguster les différents rhums La Favorite (qui en passant sont très bons) : blancs, vieux... et pour les connaisseurs la cuvée "La Flibuste" : c'est un assemblage de rhums vieux élevé en fûts de chêne pendant 25 ans, avec donc un millésime chaque année mis en bouteille en quantité limitée, ce de façon artisanale (la bouteille est cirée et numérotée à la main).

      

     Le domaine comprenait autrefois une belle habitation, construite en 1920 par Henry Dormoy : elle a été cédée (elle appartient aujourd'hui aux forces armées), et elle n'est donc plus accessible au public.... C'est toujours cette habitation que l'on voit sur le logo de la marque!! Nous avons eu la chance de pouvoir y pénétrer à deux reprises : une première fois pour un marché de Noël organisé dans les jardins (en journée), et une deuxième fois pour un concert (de nuit).

       

    Au final, visiter la distillerie La Favorite n'est pas à la hauteur de la qualité de ses rhums... mais cela permet quand même une plongée dans le travail familial et artisanal de cette entreprise. 


    1 commentaire
  • Visite du 25/08/2018

    Après avoir visité la distillerie Depaz, et s'être régalés au restaurant du Moulin à cannes présent sur le site, nous avons fait la visite du château familial, qui surplombe le domaine. Cette visite contrairement à l'ensemble du site est payante, pour les adultes seulement (5€).

    Le "château" est au pied de la montagne Pelée (qui sera enveloppée dans ses nuages durant toute notre visite de l'habitation), légèrement en retrait de la distillerie. Il trône à son entrée à arbre majestueux : un grand Albizia Caraïbe :

    Ce château a quand même une histoire particulière : à l'origine, le gouverneur de la Martinique fonde (en 1651) l'une des premières habitations de l'île ici au pied de la montagne Pelée. Celle-ci est rachetée ensuite par la famille Pecoul au 19ème siècle, qui en fait une distillerie. Mais le 8 mai 1902, la montagne entre en éruption : tout est détruit, et tous les habitants périssent dans la catastrophe... Parmi les victimes, toute la famille Depaz (le père gère l'habitation) disparaît... Toute sauf une personne, Victor Depaz, le fils, qui se trouve à Bordeaux pour ses études. Il reviendra en 1904 en Martinique, ne trouvant que des ruines sur les terres où il a passé son enfance. Il rachète en 1917 les terrains en friche de l'habitation Pecoul, et reforme la distillerie. Il décide aussi de construire une demeure, qu'il veut à l'image de l'habitation Perinelle, lieu où il avait grandi (sur l'ancienne habitation Pecoul) et qui a été détruit par le volcan. Cette édifice est achevé en 1920, et sera habité par la famille de Victor Depaz  jusqu'au milieu des années 1980.

     

    Aujourd'hui, cette demeure, que l'on appelle château, est donc ouverte aux visites : on peut flâner dans les pièces du rez-de-chaussée, et dans le jardin à l'arrière. On peut accéder notamment à la salle à manger, au fumoir, à la salle des archives (où sont maintenant exposés des objets retrouvés après l'éruption volcanique), on y retrouve un mobilier ancien.

    La pièce que nous avons préféré est le bureau de Victor Depaz (créateur donc des rhums Depaz et du château) tout empreint de bois. On y trouve notamment un coffre-fort, une ancestrale machine à écrire...

     

    La visite se poursuit à l'arrière de la demeure, dans les jardins... Magnifique.

     

    Le temps de flâner un peu, d'espérer voir la Pelée se découvrir, et il est temps de redescendre vers la demeure.

    On profite une dernière fois de la vue depuis le château (en se disant que cela devait être très plaisant de vivre ici), de ses fleurs...

    La visite se termine, on est ravi d'avoir pu admirer ce château de l'intérieur. Le site nous plaît beaucoup, le tout a été très bien rénové! Cette habitation (dans son ensemble) se classe parmi nos préférées sur l'île.


    votre commentaire
  • Visite du 25/08/2018

    Aujourd'hui, je vais vous parler d'une distillerie visitée le dernier jour de nos vacances dans le nord : la distillerie Depaz.

    Le site de cette distillerie est située à St-Pierre, au pied de la montagne Pelée. On y accède par une grande allée bordée de cocotiers :

    La visite du site est gratuite, seul l'accès au château Depaz est payant. A l'accueil, une grande fresque nous présente le plan du site, et de la visite :

     

    Allez c'est parti, il nous suffit de suivre les fléchages!! On commence sur le côté de la distillerie, qui nous permet d'avoir un point de vue assez large du site. Des panneaux explicatifs dont disposés sur le parcours...

    On arrive au niveau d'une roue à aubes : vestige montrant l'utilisation de l'eau dans les habitations. Elle fonctionne toujours (au ralenti), un filet d'eau issu de la montagne permet de la faire tourner ; auparavant, la force était utilisée pour écraser la canne à sucre.

     

    Le chemin nous amène ensuite au cœur de la distillerie : on est là DANS l'usine de production, au milieu des machines. On peut voir notamment les grandes colonnes de distillation, étape indispensable à l'élaboration du rhum :

     

    On ressort de l'autre côté, pour se retrouver face aux chais de vieillissement. C'est ici que les rhums Depaz, destinés à être vieillis, sont stockés en fûts de chêne ou en foudres pour une à plusieurs années.

     

    On retrouve ici exposée la cloche Depaz : il faut savoir que la journée dans les habitations est rythmée par le son de la cloche. Celle-ci est une cloche récente, on verra un peu plus loin dans le petit musée la cloche initiale, qui a été détruite lors de l'éruption de la montagne Pelée en 1902.

    Juste à coté des chais de vieillissement se trouve un petit musée, qui expose d'anciennes machines utilisées dans la production du rhum. On voit donc ici l'ancienne cloche qui a fondu lors l'éruption.

    Le chemin de la visite se poursuit derrière un énorme caoutchoutier, où plusieurs cases ont été rénovées. On retrouve dans l'une d'entre elle (la "case à eau") le système ancestral de stockage de l'eau que l'on a déjà vu dans d'autres habitations sur l'île : plusieurs jarres sont disposées et reliées les unes à côté des autres, se remplissant l'une après l'autre.

     

    Le fléchage nous ramène vers la roue à aubes, pour redescendre tranquillement vers l'accueil-boutique, en passant tout prêt de l'ancien moulin à cannes, transformé en restaurant (et où nous mangerons un bon repas à midi!!) :

     

    La visite se termine donc dans la boutique, avec la traditionnelle dégustation : rhums vieux pour Monsieur (les rhums Depaz sont très bons), et punch à la gwozey peyi (délicieux!) pour moi ... Dommage cette boutique est vieillotte, et reflète mal le très joli site tout autour! On peut observer à l'extérieur les cuves inox où est stocké le rhum blanc.

    Voilà donc une visite bien sympathique, le site de la plantation Depaz est très beau et bien entretenu... Nous irons visiter l'après-midi le château Depaz qui surplombe la distillerie, mais ça c'est pour un autre article!! 


    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique